Plusieurs commentaires ont été postés sur ce blog depuis sa création concernant les conditions de travail des instituteurs bilingues, et d'autres m'ont été transmis directement. Une question préalable se pose tout de même : pourquoi donc vouloir être professeur des écoles bilingues ? Quel est l'intérêt de ce métier ?
Sur ce sujet, voici le témoignage de deux instituteurs que j'ai rencontrés, l'une exerçant dans le privé, l'autre dans le public.

Témoignage 1 : "ce qui me plaît ? Travailler en breton. Le métier que je fais, je ne pourrais pas le faire en français uniquement. J'ai choisi le breton avant de choisir la profession. Ce qui me convient, c'est de travailler en deux langues. D'être institutrice aussi : voir les enfants progresser, apprendre à lire, et en CP on le voit bien. Quand j'arrive à l'école, je ne sais jamais comment va se passer la journée. Quand je prépare un cours, ça ne se passera jamais comme je l'ai prévu, je trouve ça bien. Les journées se suivent et ne se ressemblent pas."

Témoignage 2 :
"C'est un beau métier, qui me passionne, sinon je ne le ferais pas. En arrivant le matin, le lien est très fort avec mes élèves : la langue apporte beaucoup dans la classe. Le métier devient très agréable, même s'il faut se battre tout le temps. On crée un nouveau monde. La langue induit une relation différente : les locuteurs sont plus proches les uns des autres que s'ils s'exprimaient en français, et c'est vrai aussi pour les élèves.
Il est très facile de créer une ambiance de groupe, familial, au sein de la classe. Les enfants ne sont pas différents des autres, ce sont les relations qui sont différentes. Écrire le texte d'une chanson en français et en breton, ce n'est pas la même chose. On a l'impression de découvrir un nouveau monde. Il est vrai que le français est tellement institutionnel. En breton, la relation à la norme n'est pas aussi forte qu'en français. Les images qui surgissent contribuent à l'animation de la classe. Une création collective avec l'instituteur transforme la relation aux élèves."

Que vous soyez vous-même professeur des écoles, parent d'élèves, étudiant ou simple citoyen, qu'en pensez-vous ? Les contraintes du métier sont-elles si fortes qu'on en oublierait presque l'intérêt qu'il présente ?